Qu’est-ce que le compostage, et comment le pratiquer à la Part-Dieu

À la maison, une grande part de nos déchets n’est pas « sale » au sens où on l’entend souvent. Beaucoup de restes de cuisine sont surtout de la matière organique, donc une ressource qui peut retourner au sol. C’est le principe du compostage.

À la Part-Dieu, nous vivons souvent en appartement, avec peu de place, et une envie simple d’agir à notre échelle. Bonne nouvelle, le compostage à Lyon ne se limite pas aux maisons avec jardin. On peut composter chez soi (selon l’espace), rejoindre un site partagé de quartier, et utiliser aussi les bornes de la Métropole comme option complémentaire, sans opposer les solutions.

Dans cet article, nous expliquons ce qu’est le compostage, ce qui se passe dans le bac, ce qu’on peut y déposer, et comment démarrer simplement, avec des repères adaptés à notre quotidien de quartier.

Le compostage, c’est quoi exactement, et qu’est-ce qui se passe dans le bac

Le compostage, c’est une décomposition naturelle, contrôlée, de matières organiques (souvent nos déchets alimentaires, parfois des végétaux) pour obtenir, au bout de quelques mois, un produit stable qui ressemble à un terreau foncé. Il a une odeur de sous-bois, il s’émiette, et il sert à nourrir le sol.

Ce point est important: composter n’est pas laisser pourrir. Dans un composteur, on cherche un mélange équilibré, avec de l’air, une humidité correcte, et des apports variés. Autrement dit, on ne fait pas « une poubelle humide » qu’on ferme. On met en place des conditions qui permettent aux micro-organismes de travailler correctement.

On peut se représenter le bac comme une recette simple: si on met seulement des épluchures et des restes humides, ça se tasse, ça manque d’air, ça sent vite mauvais. Si on ajoute aussi de la matière sèche (broyat, feuilles mortes, carton brun), la texture devient plus aérée, l’odeur reste neutre, et la transformation se fait mieux.

Le résultat final, le compost, sert en pratique à:

  • améliorer la structure d’un sol (même en jardinières),
  • nourrir les plantes de façon progressive,
  • limiter l’usage de terreaux et d’engrais achetés.

Pour une définition institutionnelle et les grands repères, nous pouvons aussi consulter la page de la Métropole, explication du compostage et de ses objectifs, qui reprend les bases et les solutions possibles selon les situations.

Décomposition naturelle, avec de l’air, des petites bêtes, et un bon mélange

Dans un composteur, l’oxygène est un acteur discret, mais central. Sans air, la matière se dégrade mal, elle fermente, et les odeurs apparaissent. Avec de l’air, on favorise une décomposition dite aérobie, plus stable et plus agréable.

Qui travaille, concrètement ? Surtout des bactéries et des champignons, invisibles mais très actifs. Selon le type de compostage, on peut aussi trouver des insectes, des cloportes, et parfois des vers. Leur rôle est simple: fragmenter, digérer, transformer.

Trois paramètres font la différence au quotidien:

  • L’humidité: trop mouillé, ça se compacte; trop sec, ça bloque.
  • La structure: plus c’est aéré (grâce au broyat et au carton), mieux ça avance.
  • Le mélange: un brassage ponctuel, ou au minimum une alternance d’apports, évite les zones compactes.

La vitesse varie selon la saison, la taille des morceaux (plus c’est petit, plus c’est rapide), et la régularité des apports. En hiver, c’est souvent plus lent, c’est normal.

Les bénéfices concrets pour nous, nos poubelles, et le quartier

Le compostage n’est pas une idée abstraite. Dans un immeuble, et à l’échelle d’une rue, on voit vite des effets pratiques. On retient en général ces bénéfices, simples et mesurables au quotidien:

  • Moins d’ordures résiduelles: une part importante de la poubelle grise peut sortir du flux classique.
  • Moins d’odeurs dans la cuisine: on évite les sacs qui « tournent » en deux jours, surtout l’été.
  • Une ressource locale: le compost peut servir au jardinage urbain, aux bacs, aux pieds d’arbres (selon les usages autorisés).
  • Un geste collectif: sur un site partagé, on échange des conseils, on apprend, on améliore les pratiques.
  • Moins de transport et d’incinération: une partie des déchets ne part plus dans le circuit le plus lourd.

À la Part-Dieu, ce dernier point parle souvent à tout le monde: quand on peut traiter au plus près ce qui vient de nos cuisines, on réduit le volume qui traverse la ville. Moins de distance parcourue, c’est moins de camions qui transitent pour évacuer ces déchets.

Ce qu’on met au compost, ce qu’on évite, et comment faire simple quand on débute

Quand on démarre, la question revient toujours: « Est-ce que ça va au compost ? » Pour rester efficaces, nous conseillons une méthode simple, sans se perdre dans des cas très rares.

La règle de base, pour un composteur de quartier comme pour un composteur individuel, tient en une phrase: alterner des apports humides et des apports secs. Les humides apportent l’eau et l’azote (épluchures, restes végétaux), les secs apportent le carbone et la structure (broyat, feuilles mortes, carton brun). L’équilibre limite les odeurs et les moucherons.

En pratique, pour un bioseau d’appartement (5 à 10 litres), on peut viser un repère facile:

  • à chaque dépôt d’épluchures, ajouter une poignée de matière sèche,
  • si les apports sont très humides (restes cuits, fruits très mûrs), ajouter deux poignées,
  • éviter les morceaux trop gros, un coup de couteau suffit, sans chercher la perfection.

Pour se caler sur des consignes locales et des exemples concrets, vous pouvez consulter un guide de terrain comme le guide du compost à Lyon, qui décrit les catégories de déchets alimentaires et le parcours de valorisation sur le territoire. Le fonctionnement d’un composteur partagé obéit à ses propres règles que les référents de chaque site ne manqueront pas de vous préciser lors de votre arrivée à l’association.

Les bons apports, cuisine et maison, et les erreurs fréquentes

Dans un composteur partagé, les consignes sont affichées sur site. Elles peuvent varier selon l’organisation, la présence de broyat, et le type de suivi. Quand on a un doute, on se cale sur les règles du site et surtout… on demande aux référents — les habitants en charge de la supervision du composteur.

Pour démarrer, les apports généralement acceptés (en petites quantités, et si le site les autorise) sont:

  • épluchures de fruits et légumes,
  • marc de café, filtres en papier,
  • sachets de thé (sans agrafe, et selon le type de sachet),
  • coquilles d’œufs (écrasées, ça aide, c’est important !),
  • fleurs fanées (si les tiges sont épaisses, les couper),
  • carton brun déchiré (sans plastique, sans couche brillante).

À l’inverse, beaucoup de sites partagés demandent d’éviter, ou de limiter fortement, ce qui attire les nuisibles ou déséquilibre le bac, et ces déchets là trouveront leur place dans d’autres solutions comme les bornes pour certains :

  • viande, poisson,
  • produits laitiers,
  • grandes quantités de gras et de sauces,
  • etc.

Sur ces points, il n’y a pas de réponse unique. Un site bien structuré peut accepter plus de choses, un autre préfère rester sur un flux simple. Pour aller plus loin sur la qualité du compost issu de déchets alimentaires et ses usages, nous pouvons aussi nous appuyer sur une ressource spécialisée, comme ce guide pratique sur le compost de déchets alimentaires proposé par Agribio et la Métropole de Lyon.

L’équilibre “humide et sec” qui évite les odeurs et les moucherons

Le « sec » n’est pas un bonus. C’est l’outil de base pour garder un compost aéré. Le broyat de bois est souvent le plus efficace, car il crée des vides d’air. Le carton brun fait bien le travail, surtout en appartement. Les feuilles mortes conviennent aussi, si elles sont disponibles et sèches. Sur nos composteurs, nous utilisons toutes ces solutions, avec une préférence pour le broyat que la Métropole met à notre disposition quand nécessaire, ou les feuilles mortes quand vient l’automne.

Lors des dépôts, un repère simple : une poignée de sec après chaque apport humide. Ce geste seul règle beaucoup de problèmes.

Si ça sent mauvais, on agit sans attendre :

  • ajouter du sec,
  • mélanger légèrement la couche du dessus,
  • vérifier que le couvercle ferme correctement (sur un site partagé, on referme toujours).

Si c’est trop mouillé (aspect pâteux, jus au fond), on corrige avec plus de carton brun, ou du broyat si le site en met à disposition. Si c’est trop sec (tout reste « intact »), on ajoute des apports humides, en évitant de tasser.

Astuce simple en appartement, surtout quand on a peu de place : un petit seau avec couvercle, avec un peu de carton au fond. On vide souvent, idéalement tous les deux à trois jours en été. On limite ainsi les odeurs, et on garde une routine facile.

Mini checklist, nos bons réflexes de départ :

  • On a un petit contenant fermé près du plan de travail.
  • On va déposer régulièrement, sans stocker plus d’une semaine.
  • On ajoute bien de la matière sèche carbonée à chaque dépôt.
  • On évite les gros morceaux et les liquides.
  • On respecte bien les consignes affichées sur le site.

Comment participer au compostage à la Part-Dieu, chez nous, en site partagé, ou avec les bornes de la Métropole

Dans le quartier de la Part-Dieu, nous avons plusieurs façons de trier nos déchets alimentaires. Le choix dépend surtout de la distance, de nos habitudes, et de l’accès à un site.

Trois options coexistent:

  • le compostage individuel, si on dispose d’un petit extérieur (cour, jardin partagé privé, terrasse bien adaptée),
  • le compostage partagé de quartier, géré par une association comme la nôtre, avec un suivi et des apports de matière sèche,
  • les bornes de la Métropole, accessibles sur l’espace public.

Nous insistons sur un point: les bornes métalliques mises en place par la Métropole sont complémentaires. Elles peuvent rendre service quand on n’a pas de composteur partagé proche, en dépannage, ou selon nos contraintes d’horaires. Elles ne remplacent pas, à elles seules, la dynamique d’un site partagé, mais elles ouvrent une possibilité de tri à plus grande échelle, nos composteurs n’ayant pas vocation, ni la possibilité, de digérer tous les déchets organiques de la ville !

Pour repérer une borne proche et vérifier le fonctionnement, la Métropole met à disposition une carte, trouver une borne à compost. Et pour répondre aux questions pratiques (types de bornes, déchets acceptés, collecte), la page réponses sur les bornes à compost apporte des précisions utiles.

Côté association, la préinscription à Vol’Terre Part-Dieu est gratuite et sans engagement. Elle sert à orienter les habitants vers le composteur le plus proche de chez eux, selon les places disponibles, pour entrer dans une démarche collective qui permet de rencontrer des voisins animés par les mêmes envies.

Le compostage partagé, comment ça marche, et ce qu’on fait concrètement quand on vient déposer

Sur un site partagé, le parcours est simple, et il est le même pour tout le monde. On vient avec son bioseau, on respecte les consignes affichées, et on laisse le site propre.

En pratique, lors d’un dépôt:

  1. On vient au bac d’apport,
  2. On vite son bioseau,
  3. On ajoute une dose de broyat,
  4. On referme le couvercle correctement.

Un point d’organisation: le suivi du compost (brassage, contrôle de l’humidité, gestion des bacs de maturation) est assuré par des bénévoles formés, selon le fonctionnement du site. Chacun peut apprendre progressivement, sans obligation. Sur certains créneaux, des temps d’accueil permettent de poser des questions et de clarifier les consignes, surtout au démarrage, si nécessaire.

Le cadre est pragmatique: respect des horaires si le site en a, fermeture des bacs, absence de dépôts au sol, tri conforme. Lorsque les sites fonctionnent de manière autonome, on laisse le site comme on l’a trouvé en arrivant. C’est le respect de ce cadre qui évite les nuisances.

Bac de la Métropole, composteur partagé, ou les deux, comment choisir sans se compliquer la vie

Pour choisir, nous conseillons de rester sur des critères simples, liés à notre quotidien.

Les principaux critères:

  • la distance à pied (si c’est loin, on abandonne vite),
  • le volume de déchets alimentaires (petit volume, dépôts plus espacés),
  • l’envie de participer à la vie du site (ou non),
  • le besoin de compost pour un usage local (bacs, jardinières, jardin partagé),
  • les contraintes d’horaires et de disponibilité.

Dans les faits, beaucoup d’habitants combinent les solutions. On peut utiliser les bornes quand c’est le plus pratique, et participer au compostage partagé quand on souhaite aussi un suivi associatif, un compost géré au plus près, et un cadre collectif. Cette logique de complémentarité fonctionne bien dans un quartier dense comme la Part-Dieu.

Un dernier mot…

Le compostage, c’est la transformation contrôlée de nos matières organiques en compost, grâce à l’air, à l’humidité, et à un bon mélange. Pour démarrer sans se compliquer, nous retenons l’essentiel: trier ce qui est accepté, et appliquer la règle humide + sec à chaque dépôt, avec une poignée de broyat ou de carton brun.

À la Part-Dieu, nous avons plusieurs options, compostage individuel quand c’est possible, compostage partagé quand on veut un cadre local, et bornes de la Métropole en solution complémentaire selon nos contraintes. L’important, c’est de choisir une pratique réaliste, puis de s’y tenir, avec l’objectif de réduire le volume jeté dans la poubelle grise..

Notre prochaine étape peut rester très simple: s’équiper d’un petit contenant, faire un premier dépôt, et demander à être orientés vers le site le plus proche via la préinscription Vol’Terre Part-Dieu.