Bénévoles sur un site de compostage à Lyon Part-Dieu : une semaine côté coulisses

Dans le 3e arrondissement, entre Part-Dieu et Voltaire, on croise des bacs de compostage partagé au détour d’une résidence, d’une placette, d’un jardin. De loin, ça semble simple : on vient déposer ses déchets de cuisine, puis on repart. Pourtant, si le compost « prend », c’est parce qu’une équipe suit le site, régulièrement, sans bruit. On va vous parler dans cet article de ce que l’on connait, le compostage partagé accessible à tous : en copropriété, chaque composteur a ses propres règles de fonctionnement, ses propres référents !

Un site de compostage partagé, c’est un point de proximité géré avec des règles claires pour éviter les écueils. On y transforme ses biodéchets en compost, sur place, avec des apports triés et des matières sèches. Chaque utilisateur de composteur est un adhérent de l’association, et l’association compte sur une équipe de bénévoles pour s’assurer que chaque composteur fonctionne bien : les bénévoles servent de repères, parce qu’ils organisent, expliquent, et corrigent les petits écarts avant qu’ils ne deviennent des problèmes.

Dans cet article, on décrit une semaine type côté coulisses. On parle de tâches concrètes, de temps réel (souvent 10 à 30 minutes), et de ce que ça change pour les habitants du quartier. Et on comprendra que si la charge de travail n’est pas colossale, le rôle de nos référents n’en est pas moins essentiel pour un fonctionnement optimal de chaque site !

Retournement au composteur Briand

Ce qu’on fait vraiment sur un site de compostage partagé à Lyon, au-delà de déposer ses déchets

Un composteur en bacs fonctionne avec quelques principes stables. D’abord, on dépose des déchets de cuisine acceptés (épluchures, marc de café, sachets de thé sans agrafe, restes végétaux). Ensuite, on ajoute une matière sèche structurante (le plus souvent : du broyat de bois). Ce mélange évite le « paquet humide » qui sent mauvais au bout de quelques jours.

Puis, on brasse, de temps en temps. On ne cherche pas la performance. On cherche un mélange homogène, aéré, ni détrempé, ni sec. Enfin, on laisse maturer. Le contenu passe d’un bac de dépôt à un bac de maturation, puis il devient un compost utilisable. Ces trois lignes prennent environ un an, autant dire qu’on ne surveille pas chaque bac en temps réel, mais qu’on vérifie de temps à autre que tout va bien, certes un peu plus souvent au niveau du bac de dépôt.

Dans ce cadre, le rôle bénévole ne se limite pas au geste de tri. Il se répartit, en pratique, en quelques fonctions simples, selon la taille du site et l’équipe disponible :

  • Référent de site : point de contact, suivi, coordination, lien avec les partenaires et les autres composteurs de l’association.
  • Contrôles courts : contrôle visuel, ajout de broyat, petit brassage si besoin.
  • Accueil et explications : accompagnement des nouveaux, rappel des règles, réponse aux questions.
  • Suivi et traces : notes d’observation, besoins en structurant, signalement d’un bac plein, remontées statistiques du site via le service LogiProxi de la Métropole.

On garde aussi en tête trois vigilances, parce qu’elles reviennent dans tous les quartiers : odeurs, moucherons, et nuisibles (dont les rats). La bonne nouvelle, c’est qu’on évite la plupart des soucis avec des gestes réguliers et un site propre.

Un composteur bien suivi, c’est rarement une question de « force ». C’est surtout une question de rythme, de méthode, et de clarté dans les consignes.

L’Association Vol’Terre Part-Dieu, un cadre simple et local

On agit dans un cadre associatif de quartier. Vol’Terre Part-Dieu a été fondée en 2013, à l’initiative du conseil de quartier Voltaire Part-Dieu. L’association a commencé avec un composteur, puis deux, trois, quatre et jusqu’à six. Ensuite, le nombre est redescendu à quatre, suite au COVID puis au déploiement progressif des bornes à compost sur le quartier.

Ce changement a eu un effet direct : l’usage des bacs partagés est devenu l’affaire des habitants les plus motivés par la démarche. On y vient pour un traitement en circuit court, pour apprendre, et pour participer à un réemploi local du compost, quand les conditions sont réunies.

On reste sur une logique de proximité. On gère des sites à taille humaine. On privilégie des règles faciles à suivre, parce que le site est utilisé par des profils variés, avec des habitudes différentes, des contraintes personnelles propres à chaque foyer.

Couche après couche, des semaines de compost
Couche après couche, des semaines de compost

Notre responsabilité auprès des habitants, accueillir, expliquer, rassurer

La technique compte quand on composte, certes, mais la dimension humaine compte tout autant. On accueille des personnes qui débutent, des habitants pressés, des familles, des seniors, et aussi des curieux qui n’ont jamais composté. Donc, on explique sans jargon et sans jugement.

Dans la pratique, on utilise des phrases simples, qu’on répète souvent, parce qu’elles évitent les erreurs :

  • « Ici, on met les épluchures, et on ajoute une poignée de broyat. »
  • « Si ça colle et que ça brille, on met plus de matière sèche. »
  • « Les sacs, même « compostables », on les évite. On vide le contenu, c’est mieux. »
  • « En cas de doute, on laisse de côté et on demande. »

On rassure aussi sur les « petits ratés ». Une erreur de tri arrive. Un oubli de broyat arrive. L’objectif, c’est de corriger vite, et de garder une ambiance sereine sur le site. Le déposant suivi corrige la petite erreur du précédent et… tout va bien !

Les tâches invisibles qui font que le compost marche

Une grande part du travail reste invisible. On ne passe pas des heures sur place. En revanche, on passe souvent « juste ce qu’il faut », au bon moment.

Lors d’une visite courte, on vérifie d’abord le bon bac. Le bac de dépôt reçoit les apports récents, le bac de maturation repose. Ensuite, on contrôle le mélange : présence de broyat, humidité, odeur. Si besoin, on ajoute du structurant, puis on mélange sur quelques coups de fourche ou de griffe.

On garde aussi un œil sur l’environnement. On ramasse les déchets tombés, on referme correctement, on vérifie le cadenas quand il existe. Enfin, on note ce qu’on observe (bac presque plein, manque de broyat, affichage décollé). Cette régularité évite les interventions lourdes. Dans le bac de repos, on jette un oeil à l’éventuelle croûte de surface.

Bac de matière sèche du composteur Bir Hakeim
Bac de matière sèche Bir Hakeim

Notre semaine type, du lundi au dimanche, sans permanence imposée

On fonctionne sans permanence fixe, ce qui laisse de la liberté. En contrepartie, on se répartit des visites courtes. Une semaine type dépend du volume d’apports, de la saison, et de la météo. Malgré tout, on retrouve une logique stable : on surveille plus après les pics (week-ends, vacances, périodes de déménagement), et on intervient dès qu’un bac se déséquilibre.

En général, une visite dure entre 10 et 20 minutes. Quand on organise un transfert ou une récolte, on prévoit plus long, et on vient à plusieurs. On reste sur du concret, avec des objectifs simples à chaque passage, car on sait que le planning de chacun est chargé.

Dans la semaine : gestion des apports et suivi du mélange

En début de semaine, on fait souvent un contrôle après les apports du week-end. On ouvre, on regarde le niveau, et on vérifie la propreté autour du bac. Si le bac de dépôt est très rempli, on anticipe : soit on brasse, soit on prépare un transfert prochain.

Au milieu de semaine, on se concentre sur l’équilibre du mélange. Un compost trop humide se repère vite : il colle, il forme des blocs, et l’air circule mal. Un compost trop sec se repère aussi : il reste fibreux, il se décompose lentement, et il y a peu de chaleur.

Dans les deux cas, on agit simplement. Si c’est trop humide, on ajoute du broyat et on mélange. Si c’est trop sec, on brasse et on attend, car les apports de cuisine ré-humidifient souvent le tout. On vérifie aussi les odeurs. Une odeur forte signale presque toujours un manque de matière sèche, ou un excès de déchets « mous ».

Enfin, on contrôle les « détails qui comptent » : stock de structurant, état de l’affichage, présence d’un seau, fermeture des couvercles. Ces points évitent beaucoup de dérives.

Retournement au composteur Bir Hakeim avec les usagers du site.

Fin de semaine, moment clé : accueil, animations, et parfois récolte

En fin de semaine, la fréquentation augmente souvent, bien qu’on n’arrive pas à établir de suivi de la fréquentation au jour le jour pour en être sûr. Beaucoup déposent en allant au marché, ou au tout début d’une balade en direction d’un parc voisin avec les enfants. Comme on n’impose pas d’horaires, chacun passe selon ses contraintes. Toutefois, on sait que le vendredi et le samedi sont des jours où l’accueil informel fonctionne bien quand on a la chance de pouvoir croiser ses voisins.

C’est aussi la période où on organise, quand c’est nécessaire, des actions plus « mécaniques ». Le retournement (transfert du contenu d’un bac à l’autre) fait partie des moments clés. On le fait quand le bac de dépôt arrive à saturation, et quand l’équipe est disponible. On gagne alors en place, et on relance l’aération. Les emails et groupes Whatsapp permettent de mobiliser les forces disponibles autour de l’opération de retournement.

La récolte et le tamisage, eux, n’ont pas de fréquence fixe. Tout dépend de la vitesse de remplissage, de la saison, et de la qualité du tri. Quand le compost est mûr, on le reconnaît à son aspect sombre, grumeleux, et à son odeur de sous-bois. Ensuite, on peut le distribuer ou le ré-employer localement, selon les usages du site et les besoins du quartier. Les jardinières raffolent du compost mûr, il faut dire qu’il est produit avec passion et récolté avec amour par les adhérents de l’association qui en ont besoin.

Week-end : coordination légère, messages, et coup de main ponctuel

Le week-end, on garde une coordination simple. On échange via nos groupes de discussion WhatsApp et Signal. On envoie une photo si un bac est plein. On signale un manque de broyat. On se met d’accord pour une action rapide si nécessaire.

C’est aussi le moment des petits coups de main, selon la saison. À l’automne, on peut ramasser des feuilles mortes, car elles servent de matière sèche. Par temps venteux, on récupère des petits déchets portés autour des bacs. En hiver, on vérifie surtout l’humidité, car la pluie peut saturer certaines zones si les couvercles sont mal remis.

Cette organisation souple permet de s’engager à son rythme. On peut faire une visite par semaine. On peut aussi être en renfort lors des transferts. L’important, c’est la continuité collective, et les référents sont moteurs dans cet effort commun pour garder du lien !

Les situations délicates qu’on gère, et comment on garde un site propre et serein

Un composteur partagé reste un lieu public de proximité. Donc, on rencontre parfois des écarts, des incompréhensions, et des aléas. On les gère avec des règles simples, et un objectif constant : garder un site propre, lisible, et acceptable pour les riverains qui passent à proximité.

Surtout, on évite de dramatiser : une petite odeur ne veut pas dire que « tout est raté ». Un sac plastique trouvé ne veut pas dire que « les gens s’en fichent ». Souvent, il manque juste un rappel, ou un peu de structurant.

Quand la situation dépasse l’équipe sur place, on demande de l’aide. C’est une règle saine. Elle évite l’épuisement bénévole, et elle protège le site sur la durée. De ce point de vue là, le soutien de la mairie du 3e, qui met à disposition l’espace de plusieurs de nos composteurs, et celui de la Métropole, qui gère tout le dispositif de compostage de proximité d’une main de maître, sont des atouts majeurs et on les remercie d’être toujours là pour nous.

L'équipe de costauds se prépare pour le retournement.
L’équipe de costauds se prépare

Odeurs, moucherons, et compost trop humide, nos gestes qui changent tout

Quand un site dégage une odeur ou attire des moucherons, on agit vite, avec des gestes ciblés :

  • Ajouter du broyat : il absorbe l’humidité et remet de l’air dans le mélange. En cas d’invasion de moucherons, on crée une pellicule de broyat.
  • Brasser sur la zone fraîche : on casse les poches humides, donc on réduit la fermentation anaérobie.
  • Couvrir les apports récents : une couche de matière sèche limite les moucherons et les odeurs.
  • Limiter les apports « à risque » (en quantité) : par exemple, des restes très mous, car ils humidifient trop.
  • Vérifier la pluie et les couvercles : un bac qui prend l’eau se déséquilibre vite.

On reste pragmatiques. Un bon réflexe consiste à traiter le problème comme un déséquilibre « humide/sec », plutôt que comme une faute individuelle.

Erreurs de tri et conflits, comment on recadre sans braquer

Les erreurs de tri arrivent surtout par méconnaissance. Donc, on privilégie une méthode courte : repérer, expliquer, puis remercier. Sur place, on commence par retirer l’intrus visible, si c’est possible. Ensuite, on renforce l’information, avec un affichage propre et lisible, et on complète d’une info diffusée à tous quand c’est utile.

Le face à face aide souvent, parce qu’il humanise la règle. On peut dire : « On a trouvé des emballages, on te montre ce qui va au bac ? » Le ton compte autant que le contenu. On reste calmes, et on évite les remarques générales.

Quand une confusion revient souvent, on outille. Un panneau « top 10 des erreurs » aide. Des pictos simples aident aussi, surtout pour les nouveaux habitants. Avec le temps, le site devient plus stable, car les usages se fixent.

Comment on devient bénévole, et ce que ça change pour le quartier Part-Dieu

Le bénévolat sur un site de compostage à Lyon Part-Dieu reste accessible. On n’attend pas une expertise. On attend une présence régulière, même courte, et le respect des règles communes. On accueille des profils variés, car les besoins le sont aussi : suivi, communication, rangement, et parfois animation.

Au quotidien, l’effet se voit vite car un référent crée le lien entre les usagers par ses propres capacités de communication. Un site suivi reste propre. Les dépôts sont mieux triés. Le compost mûrit mieux. Les riverains se plaignent moins de mauvaises odeurs et la fréquentation du site permet d’éviter l’installation de rongeurs. Les habitants se parlent plus facilement, car le composteur devient un point de rencontre discret, quand on arrive à se caler avec ses voisins pour déposer ses déchets.

Les jardiniers mobilisés sur la parcelle du Composteur Voltaire.
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Le rôle de référent de site

Le référent sert de relais. Il coordonne, sans tout porter. Il rappelle les règles, organise les actions à plusieurs, et fait le lien avec les partenaires quand il faut. Ce rôle aide à stabiliser l’équipe, parce qu’il donne un point de contact clair.

La Métropole de Lyon propose des formations gratuites sur une demi-journée pour devenir référent et cela permet tout de suite de se retrouver avec des ressources concrètes et des bonnes pratiques, fruits de la belle expérience acquise depuis le lancement de l’initiative compostage. Ensuite, l’association accompagne la prise en main, avec des conseils, des retours d’expérience, et un appui en cas de difficulté. On reste sur une logique de montée en autonomie plus ou moins progressive selon les profils, mais en général cela se passe plutôt bien !

Le temps à prévoir, les compétences utiles, et comment on est formés

On peut commencer avec peu de temps. Dans beaucoup de cas, 20 minutes par semaine suffisent pour une tournée simple, si l’équipe se répartit les passages. Pendant les périodes chargées, on adapte. On peut venir à deux, et réduire l’effort individuel.

Aucun pré-requis n’est demandé. On apprend vite, parce que les gestes sont répétitifs. On retient surtout trois bases : ajouter du structurant, couvrir les apports, et brasser quand le mélange se tasse. Ensuite, on gagne en assurance, parce qu’on reconnaît les signes (humidité, odeur, niveau du bac).

On prévoit aussi un cadre de transmission. Un bénévole débutant ne reste pas seul. On explique sur place, et on répond aux questions via nos canaux de coordination.

Ce qu’on gagne tous, moins de déchets, plus de lien, un compost local

Pour un habitant du 3e, le bénéfice le plus visible reste la réduction des ordures. On détourne une part des déchets de cuisine de la poubelle grise. On améliore aussi la propreté, parce qu’un site suivi incite au respect.

Le gain social existe aussi, même sans grands discours. On reconnaît des voisins. On échange une astuce. On se passe un sac de broyat. Avec le temps, le composteur devient un équipement de proximité, géré par les habitants, pour les habitants.

On voit ce fonctionnement sur plusieurs sites du quartier. Par exemple, les équipes des composteurs Sainte Marie Perrin et Bir Hakeim veillent sur leurs bacs, avec une organisation simple et régulière. Ce sont des gestes modestes, mais ils changent l’ambiance du lieu.

Oh le beau compost !

Pour finir, ce qu’on retient d’une semaine de bénévolat au composteur

Sur une semaine type, on alterne des visites courtes, un peu de suivi, et de l’accueil informel. On surveille l’équilibre (humide, sec, aération), on garde le site propre, et on transmet des consignes simples.

Au final, chaque geste régulier évite une intervention lourde plus tard. Si vous souhaitez avancer, deux étapes suffisent : venir déposer en respectant les règles, puis poser une question sur place ou à l’association. Enfin, on remercie la Métropole pour l’accompagnement, notamment sur la formation des référents et la gestion des sites, et on invite les habitants non adhérents à nous rejoindre via le formulaire d’inscription.

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